8 semaines et 3 jours après la rupture
- May 26, 2025
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Updated: Aug 6, 2025
Les événements alentours ne m’atteignent pas. Youtube ne parvient pas à me faire cliquer. Le procès de P. Diddy m’est pénible. Il ne m’étonne pas. Les ténèbres sont sans fond, et bien qu’il se soit aventuré bien loin, l'immensité du potentiel éclipse sa performance. Ma curiosité essaie de conceptualiser l’échelle du réseau putride qui a mis en place les opérations, et les ramifications puissantes et parasitaires du trauma dans l’univers entier des victimes. Ma compassion va aux âmes presque souillées, presque volées, presque identifiées aux supplices malades subis. J’espère qu’elles sauront dissocier le diamant du reste, et sauront réapproprier leur corps et leur esprit.
Les tâches du travail s’enchaînent sans me dépasser. Les bateaux naviguent et s’échouent, les conteneurs s’éventrent, les marchandises fuitent et tous ces problèmes sont aisément gérés.
L’équation la plus difficile demeure la tienne, enfouie en moi. M’appelles-tu ton ex ? Une ex comment ? Une extase passée, aujourd’hui extrêmement blessée de l’extraordinaire dans lequel tu m’as propulsée. Je suis vexée de cette appellation potentielle, alors que je balbutie encore et effleure à peine le processus de sublimation.
J’ai envoyé des postulations. A Doha, à Muscat, à Jeddah, à Zug, à Zurich, même à Djibouti. Les portes sont toutes ouvertes et délabrées. Je ne m’inquiète pas. Toutes laissent glisser un faisceau lumineux, j’envoie donc des appels de phares. Laquelle sera mon phare ? Sans toi, les possibilités sont infinies. C’est à mon intuition de me guider à présent. Je te porterai en secret où que j’aille, te faire voir du monde. Ton sentier battu te tranche à Genève. J’espère qu’il ne parviendra pas à t’abattre.
J’observe le mécanisme de mon mental. Après quelques phrases, imperceptiblement mes synapses reglissent vers toi. A mes énumérations géographiques potentielles, la dernière est une question : …..et toi ? Puis-je exister sans toi ? Suis-je mon propre phare ? Pour qui est-ce que je brille ? Pour moi et pour le Grand Tout. Le Grand Tout te contient nécessairement, mais tu n’y es qu’une poussière. A mes yeux, tu es plus grand, mais ma mesure n’est pas fiable.
Je demande des signes. Dieu me manque. Les anges aussi. Dès le lendemain, les synchronicités se déploient. Je n’ai pas la force de leur sourire, mais je les remercie silencieusement. Je me rappelle l’histoire que mon colocataire à Paris m’avait partagé il y a dix ans. Son héritage chinois lui avait transmis une histoire : celle d’un grand empereur qui, fatigué de la comédie fastueuse qu’on lui réservait à chaque visite, voulut observer la réalité de son empire. Pour cela, il se déguisa et voyagea avec son serviteur le plus fidèle. Un jour dans une taverne, il demanda à son serviteur s’il voulait du thé et le servit. Celui-ci s’étouffa de ne pouvoir se prosterner devant son maître, pour ne pas dévoiler son identité. Il choisit donc de tapoter la table de son index et son majeur ensemble, en miniature de prosternation. C’est le signe que j’adopte parfois depuis lorsque ces signes grandioses me visitent gracieusement.
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