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11 semaines et un jour après la rupture

  • Jul 17, 2025
  • 2 min read

 Ce matin, je tire :

 

Reyne d’épée : Tout ce que j’ai à dire, je le puise dans les fibres de mon être, dans la sagesse infinie de mon corps. J’inspire et je suis inspirée… L’intelligence monte de mon ventre, de mon silence, de ma présence, ici et maintenant. A celles et ceux qui me croient sorcière, je réponds : je suis une fée.

 

C’est ma grand-mère et moi aussi. Je me prépare, légère, pour aller la retrouver le plus vite possible.

 

Je voyage seule et rencontre le jeune assis à côté de moi. Comme les tarots l’avaient annoncé. Nous sommes la rangée des étudiants. Moi sur mon ordinateur, à retranscrire les mots parfois indéchiffrables qui s’alignent dans mon carnet de bord. Lui, la tête plongée dans le raisonnement quantitatif, à gribouiller des mathématiques. Nous discutons et sommes vite propulsés dans des courants profonds. Ce sera la première personne à laquelle je m’entends dévoiler à haute voix l’existence de mon travail écrit et public. Il ne saura pas réprimer son étonnement quand il entend que j’ai 30 ans. Je reçois pour la première fois cette gêne crue imperceptible et réprimée, mais tout le moins communiquée, et j’entends une voix qui n’ose pas sortir mais veux lui dire «je ne suis pas si différente que toi à l’intérieur, ni à l’extérieur d’ailleurs. L’écart n’est pas si grand». Rien ne sort, préfèrant un silence sage d’adulte qui sait que le jeune recevra le même sentiment par transmission bien assez tôt, dans quelque années. « Là où tu es, j’étais, et là où je suis, tu seras ». Point d’orgue sur ce moment de communion nouvelle avec le monde adulte, et celui d’une communion repoussée avec et par la jeunesse.

 

Je m’échappe des portes de l’aéroport au plus vite et respire fort. L’accalmie qui m’attend généralement n’est pas au rendez-vous. A sa place, un vent chaud et une poussière orangée tourbillonne. C’est la proximité du désert et de l’Est qui m’est si familière.

 

Les paysages défilent. A leur vue, les parties dormantes en moi se titillent. Je m’empresse de rejoindre la maison et mon homonyme dont j’espère porter davantage que le nom. Je la revoie enfin, resplendissante et rajeunie. Je réalise à cet instant que j’appréhende la première rencontre de chaque séjour, guettant toujours la fois où je constaterai, malgré les étoiles dans mes yeux, qu’elle est en pente descendante, que sa lumière commence à briller moins. Ce ne sera pas cette fois non plus. Elle est radieuse.

 

Après les retrouvailles chaleureuses et réconfortantes, je défais mon bagage. Une enveloppe que tu as déposée sur ma table de chevet, à n’ouvrir que le lendemain, reste au fond. Je la tapote et la glisse sous ma robe. Elle a fait le voyage sauve et scellée. Ta surprise me surprend. Je choisirai le moment pour la découvrir, sous tes directives. Pour l’instant il n’est que présent et reconnexion tendre, féminine, aimante.  

 

 
 
 

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